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Tome II - Mon ami Pédar
XXXVII - Mais l’innocence est un spectacle, et je sens qu’on va me le reprocher un jour !

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 Article publié le 2 novembre 2015.

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Tu parles d’une révélation ! Ah ! monsieur GU ! Il en a des idées ! Et derrière la tête encore ! Et elles passent devant quand il se retourne pour vous péter à la gueule. J’en avais fait l’expérience. Et pour des prunes. Et c’était madame Crotal qui prophétisait dans la révélation. J’ai refermé mon anus et ma fusion s’est dressée dans l’air frais de la nuit. Ça restait tiède des fois qu’il faudrait réchauffer. À son âge, madame Crotal avait du mal à démarrer et quand ça commençait à tousser, elle en avait tellement marre qu’elle perdait la concentration. Et alors elle était capable de refroidir même la plus molle des fusions. Les feuilles d’automne me caressaient au passage. J’en flambais quelques-unes, histoire de mesurer de quoi j’étais capable s’il me prenait un jour l’idée d’aller au bout d’une aventure.

« Vous me demandez pas où qu’on va ? me dit madame Crotal qui avait envie que je le susse.

— C’est pas que je demande pas, mais c’est peut-être mieux si je continue de pas le savoir.

— Vous avez peur, monsieur Hartzenbusch ?

— J’ai tout le temps peur !

— Et de quoi donc, monsieur Hartzenbusch ?

— Si je le savais, je serais pas là en train de me le demander.

— Je peux répondre à certaines questions, monsieur Hartzenbusch… Pas à toutes, mais certaines sont de ma compétence…

— Vous avez des compétences, madame Crotal ?

— Serais-je à ma place si je n’en avais pas ?

— Je crains le pire ! »

Je badinais pas quand je le disais. Dans quel monde on met les pieds à cause du plaisir que ça fait aux autres ! Et j’étais pas au bout de mes peines. Il me faudrait une éternité pour faire ce que Jésus a fait en trois jours. Yen a qui sont plus doués que les autres et c’est jamais sur soi que ça tombe. Des fois je me dis que j’aurais pu être un cerveau et rien qu’un cerveau. Mais je me demande quand même ce que j’aurais fait de mes mains si c’était arrivé dans la réalité au lieu que ça n’arrive pas dans mes rêves. Bon, je vais pas pousser des cris pour faire tourner les regards dans ma direction. Pour ça, faut être doué de la parole. C’est pas donné à tout le monde. Et puis j’ai pas envie de finir dans un asile avec des fous et des vieux. Si jamais je finis un jour, que ce soit dans le lit d’une adolescente prépubère. J’y ferais pas de mal, vu que c’est interdit par la Loi, mais ça me fera du bien, ce qui finira par être autorisé par le Droit international.

« Vous voulez pas me dire où on va, madame Crotal ?

— On va où vous voulez, monsieur Hartzenbusch…

— Je pourrais voir Manuel Valls se faire enculer par monsieur GU ?

— Si ça vous fait plaisir…

— Est-ce que ça lui fait plaisir à lui ?

— À monsieur GU certainement !

— Et Manuel Valls ? C’est que… c’est pas très catholique, l’enculade…

— Faudra lui demander. Si jamais…

— Si jamais quoi ?

— Si jamais c’est que monsieur GU le permet ! »

Mais j’étais pas le lieutenant Arto Lafigougnasse, moi ! J’avais pas une seule idée dans la tête. Il fallait que je pense à moi. À mon loyer. À mes voyages futurs dans le monde. Et à mon enterrement, si possible dans la terre. Mais où sur la terre si j’avais pas envie de disparaître dans un cimetière ? Madame Crotal sentait encore un peu la merde, mais ça n’avait plus d’importance. Est-ce que ça en avait jamais eu ?

« Vous êtes sûr qu’il s’agit de Manuel Valls ? redemandai-je pour en avoir le cœur net.

— Il vous a donné une carte du Parti, oui ou non ?

— Darien doit se retourner dans sa tombe en pensant à moi… deux ans, c’est long. J’ai le temps de devenir fou.

— Vous l’êtes un peu déjà, monsieur Hartzenbusch ! Peut-être même un peu trop, si vous voulez connaître mon avis sur la question…

— Si j’avais dépassé la mesure, madame Crotal, je serais pas là avec vous dans cette Cadillac qui me conduit dieu sait où !

— À votre place, monsieur Hartzenbusch, je ne parlerais pas de cette Cadillac à n’importe qui… Ne parlez pas de monsieur GU non plus, je vous le conseille. Et laissez mademoiselle Balerinette en dehors de tout ça.

— Balerinette ? J’y pensais plus…

— Balivernes, monsieur Hartzenbusch ! C’est à elle que vous pensez tout le temps. N’en parlons plus tellement c’est cochon ! »

Voilà où on allait ! Mais j’irai pas. Je ne dis pas que j’y suis jamais allé. J’y suis même allé plusieurs fois. Avec Pédar ou sans Pédar. En toute innocence. Mais l’innocence est un spectacle, et je sens qu’on va me le reprocher un jour !

 

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