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Seriatim 2
Seriatim 2 - La mémoire est donc collective… (Patrick Cintas)

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 Article publié le 27 septembre 2020.

oOo

« La mémoire est donc collective… ? »

Le type déçu par ce qu’il venait d’entendre

De la bouche du prêcheur attablé avec nous.

Pourtant, aucune synthèse n’est possible.

 

Champ des perspectives

Entre la maison et le verre.

À peine une rue puis l’autre

Avec leurs façades moroses

Et les volets conchiés depuis

Les génoises aux ondulations

De rivages malmenés par le ciel.

 

« Reprenez donc un peu de courage.

Pas cher si on pense à ce que ça coûte

À l’ouvrier qui n’en peut plus de penser. »

 

Ici l’Hers ne dort pas.

Le pont vieux ne reçoit

Pas les fesses des retraités.

On ne croise personne

Et l’œil est aux aguets.

 

« J’imagine des choses, docteur Arto, que

Si je vous les disais vous me pendriez pour

Une folle : genre quelle différence y a-t-il

Entre le type qui cède à une impulsion

Et la femme qui n’en peut plus de désirer.

— Mécaniquement, aucune. Mais vous

Oubliez la morale, Alice ! La Morale avec

Son poids de Connaissance sur les épaules ! »

 

« Bonjour, monsieur qui savez tout et rien

À la fois ! » / Je vendrai des plaisirs si j’en

Possédais mais : je suis venue au monde

Entre deux guerres : l’économie finit toujours

Par ruiner ce qui a bien commencé : l’église

Suinte d’échecs / murs consacrés aux recours

Possibles sans mettre la main à la poche sauf

Pour une piécette / « bonjour monsieur qui

donnez » / pas de différence je te dis ! La Chair

Soudain plus profondément acquise au spectacle

Télévisuel de la Nature /

Le shoot recherché

Puis trouvé dans la

Solitude d’une promenade

Matinale quelque part ici

Entre les rues mais pas loin

De l’hôtel

Grimace des reflets

Dans la carcasse qui

Sert d’appui au vertige

Revenant sur ses pas il rencontre

Ce qu’il considère comme son prix

Et s’adonne à de purs harcèlements.

« bonjour monsieur qui savez ce que j’endure ici »

Par contre ne savait point que la mémoire fût

À ce point collective / et se voyant dans le regard

Qu’il oppose à ce qu’il faut bien considérer comme

Une faute et non pas une erreur due à un manque

De maîtrise de ce qui brûle en chacun de nous :

Il dit : « je suis désolé que ça m’arrive maintenant »

Effleurant les taches sur le dos de ses mains / bon

jour alors que la nuit vient de s’achever sur le fil

De ses latitudes / moi ici à me faire du mouron

En chœur / « faut séparer le grain de l’ivraie, mec »

Quelle différence entre les formes que le désir

Affecte au carnaval des venises enfouies ? Je suis

À vous / dans un instant / dès que possible / F-18

Des Arabies qui donnent un lieu à mon cœur si

Toutefois le cœur y est / andalousies des charangas

Au cortex interlope vu d’ici / pétaradait en pleine

Jeunesse sur les quais déserts de son port d’attache.

 

« Je ne savais pas.

J’ai jamais su. Elle

Et moi on est venu

Ici sur les traces

De notre Seigneur.

Quelle différence

Ça fait d’être l’un

Et l’autre ? La terre

N’est-elle pas le Bien

Commun et non pas

Cette mémoire que

Vous poussez comme

Une brouette ? Nous

Sommes ce que nous

Possédons. Elle est

À moi. Et je suis à vous. »

 

« Quelle vie partout ! Quelle vie partout !

Et si peu d’existence à dépenser comme

Héritage / voire pas du tout d’existence

Une fois que le chemin est tracé, devant

Comme derrière, avec ce foutu présent

Qui n’a pas plus d’existence que moi / »

 

En effet y en a plein les documentaires

À la télé comme dans les réseaux / ça

Grouille de vies / et de couleurs / de

Formes / de possibilités / comme si

L’infini était à la portée de nos mains

/ « j’ai dû reconnaître au moins ça et

Et le choix était joué sans moi »

 

Litanie du candidat

Ya pas d’poésie dans les mots.

Ya rien qui ressemble au plaisir

Tel qu’on peut se l’imaginer.

J’vais grapher mon portrait

Sur les murs avec des coquillages

Et le sang de mes victimes.

Croyez-moi quand je vous dis

Que j’ai vécu bien avant vous

Ce que vous vivrez demain

Sans moi /

 

Ya pas d’poésie dans l’objet.

À moins de lui donner un prix.

C’est pas les apparences qu’on

Traverse, mais les vitrines de la rue

Et des appartements /

 

Ya plus rien qui vaille la peine

De foutre en l’air son adolescence.

Tu prends ou tu payes, au choix

Des vendeuses et des matrones.

Tant pis si Dieu ne meurt pas

Avec l’homme qui lui donne

Un sens /

 

Y avait rien / et j’suis venu

Des fois qu’il en reste pour moi.

J’ai rien compris au temps qu’il faut.

J’arrive et tu appartiens à un autre.

Je prends place et c’est occupé.

Avec du monde à la fenêtre

Et des trottoirs grouillant de vies.

On se penchait Alice et moi /

Le nez dans les géraniums et

Le cul à l’air de l’intérieur nu.

Y avait rien /

 

Mais ya jamais rien eu / jamais

Ni nulle part / ni trop tôt ni

Trop tard / à l’heure convenue

Et à l’endroit où les rencontres

Sont encore possibles / mais

Ya rien à dire ni à refaire / rien

À part les voisins et leurs biens

/ j’en ai la chronique en berne

/ et le moral à zéro

 

« Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu

Pour être obligé d’écouter ça, à l’heure

Où le salarié se prépare à voyager vers

Son boulot ? C’est bien la morale qui

Nous empêche d’aller au fond des choses.

Mais elle fait le succès des tirages de pays

En pays et de jardin privé en jardin public.

J’aurais dû penser à toi avant que ça m’arrive.

Mais j’avais rien hérité et j’savais pas quoi

En faire ! »

 

Ah ces bords de mer

Et leurs voiles blanches

Et sponsorisées !

 

Des fois je m’entiche d’un rien

Et j’me fais des illusions quant à

Mon ingéniosité.

 

Ce qu’un voyage

Peut interdire

Désormais : joie

Contenue mais

Transmissible par

Introductions /

 

Un rien et je me sens

Plus vivant que la mort.

Ce qui ne va pas sans soleil

À la clé des champs.

 

Rien ne ressemble plus à un reflet

Que son reflet. Avancez avec les autres

Et frottez. La langue collectivise. Mur

Des en-faces. Enfant en miettes au

Beau milieu. Si je me regarde je tourne

Le dos à tes jeux avec les autres. Vends

Ce que tu possèdes avant de devenir

Aussi pingre que le reste de l’Humanité.

 

Dans les assiettes la mixture pétrolifère.

Qui n’en veut pas ? Alors braconne et tue

Ce qui prétend t’en empêcher. J’ai appris

Ça ici, en vendant. La queue dans un slip

Et le cerveau en conserve. « Je te paye

en petits plaisirs pas solitaires » / mémoire

Dite aléatoire. Et pourtant tu quantifies.

Le voilà, le temps.

 

À d’autres l’Histoire

Et ses Géographies.

Tu finis en cage comme

Les autres : aviné en joie

Et oublié des manuels.

 

La cible c’est sur la scène

Qu’elle agit contre tes rêves.

À d’autres les tragédies

Qui se terminent en comédie.

Je ne sais rien mais je sais tout.

 

Quel régime pour le poète ?

Poète du slip et de la conserve.

Entre le flic et le comédien

Pas de quoi s’enchanter.

Ta substance au cathéter

File comme les étoiles du ciel.

Au restaurant républicain

Les affranchis sont rois.

 

Pauvres illuminations des parcours de santé !

En voici un qui s’étonne d’être fait de mémoire

Mais qui ne se révolte pas à l’idée d’appartenir

À une patrie qui n’est pas la sienne, en admettant

Qu’on puisse en posséder une. Que cherches-tu

À part « l’or du temps » ? L’œil des prismes dans

La lorgnette des publicités et des ways of life.

Tout ceci est un monde. Pas une propriété.

Voici ta place au balcon. Le programme voici.

Qui garde le troupeau ? Jamais nu le citoyen.

On s’habille d’un rien ou on exige de l’étoffe.

Le Monde n’est pas le monde. Il faut être seul

Pour en retrouver la trace. Mais qui a hérité

Ce génie ? Quel silence le clôture ? Qui es-tu ?

 

 

 

 

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