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Seriatim 3 - Penseurs à la croix de bois (Patrick Cintas)

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 Article publié le 22 novembre 2020.

oOo

 

BLANCO

(lit)

Penseurs à la croix de bois

/ voix de bigophone rejouée

Sur le tapis du vent publicitaire

/ « avant j’étais un champion

Mais j’ai pas eu d’papa » / claires-voies

Des jardins conçus pour l’élevage

Et le vote / les personnalités rongées

Par la pratique du moi d’abord /

« Je me penche à ma fenêtre . . .

Que voulez-vous . . . Je n’ai que ça »

Et voit passer ce qu’il a été naguère.

Des escouades vouées à l’apprentissage

/ sous la zerouata plombée d’un boulon

Arraché à la voie ferrée / ou le fouet

Des détraqués de la crucifixion / fumant

Une cigarette en attendant de l’attraper

/ « Avant j’étais et maintenant je suis »

/ file indienne entre les pins parasols

Noirs de suie / « Après on verra / »

« Qu’est-ce que tu comptes faire sans

Dieu ? — Faut bien expliquer l’infini

Par la courbe / j’ai toujours eu cette

Impression de me relever là-même

Où je ne suis pas tombé ! » Mein hilh !

« Je sais même pas où tu crèches ! »

 

« Dis donc le matin ça gamberge !

On t’entend réfléchir d’ici ! » / Un

Chien pour compagnon / les fusillés

De la Propriété / les fosses où-va-t-on /

« Ramassez votre fusil et courez ! »

Dans le ciel la préparation des orages.

Savourait des fruits exotiques sous

L’arbre de sa ruralité / charbovari éclair

/ « Nous avons une rivière vive » / turbine

Hurlant comme si c’était la fin / « Jadis

Oui jadis et maintenant je mange ton pain »

 

Comme la poésie est poétique si on y met du sien !

« Je ne sais pas si tu voudras de moi, meine Liebe »

Et il répondit : « Nous ne sommes pas en Amérique »

La pluie tomba toute la journée sans la moindre

Éclaircie puis le soleil se coucha enfin et la nuit

Fut conseillère / « On ne guérit pas de l’égoïsme »

/ au loin la Ville n’a toujours pas changé / croco

Des fuites en avant / « partons si c’est ce que

tu veux.

 

Ça me revient (sont couchés l’un sur l’autre) ça

Me turlupine comme un projet de roman / ça

Vient de quelque part mais je ne sais pas d’où

/ des fois je me dis que j’ai perdu mon temps

(ils roulent dans les draps) et d’autres fois ça

Me prend et je ne suis plus moi-même » ÇA

finit par tuer.

 

Quelle chance tu as

Pêcheur de revenir

Avec ton filet et tes

Vents !

 

Qu’est-ce qui t’attend

Que tu n’attendais plus ?

 

Ils vendent tout à crédit.

Ya plus qu’à attendre meine

Liebe / et le matin ressemble

À la nuit plus que le jour à tes rêves.

 

Reviens ! Ils ont accepté

Le report d’échéance /

Reviens avant qu’une mauvaise

Idée de toi et de nous autres

N’empoissonne mon existence !

 

Ces quais

Où je ne mets

Plus les pieds !

 

De peur

De repartir

Avec les autres.

 

Ravaudage

Du langage

En usage.

 

Ces mains

Agiles comme

Des chats !

 

Le cul par terre

Et le dos fatigué

Par tant d’amour.

 

N’insiste pas

Meine Liebe

Je ne suis

Pas fait pour toi.

 

« Voulez-vous un promeneur

Du dimanche ? C’est vite peint

Par-dessus les murs déjà oints.

Et une fille qui montre ses cuisses

En fumant une cigarette, le matin

Avec la pluie qui commence l’automne

Ou finit l’été : comme vous voulez.

C’est vous le client. »

 

« Marre de revivre ce que j’ai déjà vécu ! »

Le drap s’envole avec les tourterelles

Du balcon / « Pour le café descendons ! »

« Nous avons de beaux ciels d’automne,

Vous verrez. » « Nous avons aussi une langue

Et elle a son Histoire ! » « Nous ne savons

Plus peindre » / la peau d’un alligator /

Trempe ses bras dans cette eau et prie

/ « Nous avons des fils et des filles »

Lance la ligne et le crochet scintille

Dans la lumière du matin / « Nous avons

Le temps de notre côté » / faute d’assez

D’espace pour renaître des cendres « Nous

Aimons la vie plus que l’existence, ô meine

Lieben !

« Ça me prend à toute heure

Et je m’enfuis à toutes jambes

Pour ne pas me donner en spectacle »

 

À l’heure du rendez-vous

Compose un haïku

Avant de pousser la porte.

 

« Revenez si ça fait mal »

« De qui êtes-vous le personnage ? »

La fenêtre fermée.

 

Au carreau la pluie.

Le parking dans

Un nuage de cendre.

 

« Heureusement

Que vous êtes

Motorisé ! »

 

Achetez un bison,

Séminole

De préférence.

 

« C’est cousu

À la main

Et c’est pratique »

 

Un amour de tramway !

« Tu as vu

La Seine ? »

 

Un jour tu liras

Dans les journaux

Et le monde se jettera à tes pieds,

Mon amour ! Mes amours ! / Ça

Arrive comme ça : à tout le monde.

 

« Je ne sais pas si c’est l’heure,

Mais j’ai hâte que ça finisse ! »

Pas le temps de prendre le temps.

L’hallucination est de courte durée.

« Nous avons des tas de choses

À mettre sous la dent

De votre imagination »

Poursuivis par une averse circulaire.

« Avant j’étais ce que je ne suis pas »

Vite ! Avant que les flics y mettent

Leur nez et la Justice ses dents !

 

Ne dormez pas

Sur le coussin

Brodé par votre

Aïeule aux yeux

De lynx !

 

Ceci est mon pain.

Et voici ce que je sais

Du vin et de la terre.

 

« Vous énervez pas si ça vous énerve !

Ne revenez pas si ça vous revient

En mémoire !

Ne quittez rien si ça vous quitte !

Nous sommes

Là pour vous aider… »

 

Nous en parlions en tout cas.

 

Devant un café et sous le parasol

Qui sert de parapluie : « Pas l’année

Prochaine — Quand ? — Il n’y a pas

De quand ! » / Pourtant, le ciel revient.

« J’m’en vas causer à ce pêcheur »

« Mais de quoi que vous voulez

Qu’on dise du mal ? » « Tu n’as

Pas vidé ta tasse » / Que se passe-t-il

Dans mon cerveau ? / « Je prends

Le bison et aussi l’eau où s’enfuit

L’alligator vexé » « Nous sommes

Là pour vous » / Dis-moi Vénus /

« Avant je travaillais avec ça et  ! »

Poing sur le tapis sautent les dés.

« Comme c’est bon de ne plus savoir

Où on est ni pourquoi on est revenu »

Vous prendrez bien

Un dernier verre

Pour le voyage

Et pour ce que

vous savez…

Avant je travaillais.

 

Pourquoi ne pas continuer ?

Le chemin vous mène où vous voulez.

Vous ne serez pas dérangé.

Je peux vous demander

Où vous habitez /

Je veux dire :

En temps ordinaire… ?

 

Ils ont beaucoup vécu.

 

Mais ne nous attardons pas.

Nous avons pris l’habitude

De perdre notre temps.

Hou ! J’entends qu’on vient !

On ne me surprendra pas.

Je ne serai pas loin…

(un temps)

Mais qui ça peut-il être ?

(réfléchissant)

Je n’ai pas d’affaire en cours…

Je n’aime personne en particulier…

Nous ne sommes pas en guerre…

Est-ce quelqu’un que je connais… ?

Vite ! Il approche, heu…

(jeu)

« il » ou « elle » /

Car je ne sais pas

Qui ça peut être.

Mais il s’agit de « quelqu’un »

Il y a si longtemps

Que je joue seul !

Il n’est rien arrivé

Depuis longtemps.

Et puis je n’y étais pas !

Cachons-nous derrière

Ce buffet qui appartient

Au décor, avec ses confitures

Et sa vieille poussière.

Entre Río.

 

 

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