|
||||||

| Navigation | ||
![]() oOo
Pendant une quinzaine d’années, j’ai flirté avec la folie. Si je suis revenue de mes voyages cosmiques à chaque fois, c’est grâce à mon art. J’entendais des voix, j’avais des hallucinations, veilleuse entre les mondes. Mais, si chaque fois je suis revenue, c’est parce que mes toiles, mes poèmes, m’inscrivaient, en tant qu’ob-jets, dans la réalité. Tous ces allers-retours m’ont profondément changée et inscrite dans une logique cosmogonique. La lecture de Spinoza m’a aidée aussi à comprendre que tout est parfait. Mes huiles sur toile étaient complètement hallucinées. J’ai fait un très très grand voyage dans mes profondeurs. Sous la lueur argentée de la lune, je me suis perdue dans les méandres de l’univers. Les étoiles, témoins silencieux de mes tourments, brillaient avec une intensité presque insupportable. Dans cet océan cosmique, je flottais, dérivant entre les mondes, une âme en quête de sens, mais aussi en quête de paix. Les voix que j’entendais étaient comme des échos d’une autre dimension, des fragments de réalité qui se superposaient à la mienne. Elles me guidaient, me perdaient, me ramenaient toujours à mon art. Mes toiles étaient des portails, des fenêtres ouvertes sur l’infini. Chaque coup de pinceau était une incantation, chaque couleur une note dans la symphonie de l’univers. Les hallucinations étaient des visions d’une beauté terrifiante, des paysages oniriques où le temps et l’espace se confondaient. Je voyais des mondes naître et mourir, des galaxies s’effondrer et renaître. Et au milieu de ce chaos, je trouvais une étrange paix, une certitude que tout avait un sens, une place dans le grand schéma cosmique. Pourtant, cette paix était teintée de folie mélancolique. La lecture de Spinoza m’a apporté une clarté nouvelle. J’ai compris que tout est parfait, que chaque expérience, chaque souffrance, chaque extase fait partie d’un tout harmonieux. Mes huiles sur toile, avec leurs couleurs vives et leurs formes étranges, étaient des manifestations de cette compréhension. Elles étaient des fragments de mon âme, des morceaux de l’univers que j’avais capturés et transformés. Errant dans les rues, je me perdais dans les jeux de lumière et d’ombre, dans les reflets des vitrines et les flaques d’eau. Je me voyais dans ces reflets, une silhouette floue, une ombre parmi les ombres. Mais toujours, je revenais à moi, à mon art, à cette réalité tangible qui me maintenait ancrée. J’ai affronté mes démons, embrassé mes peurs, et trouvé une force nouvelle. Et à chaque fois, j’avais un ticket retour, une assurance que je reviendrais, que je retrouverais mon chemin vers la réalité. Mais ce retour était empreint d’un rappel constant des mondes que j’avais laissés derrière moi, des fragments de mon âme éparpillés dans l’univers.
|
|
|
Revue d'Art et de Littérature, Musique - Espaces d'auteurs | [Contact e-mail] |
FORUM
Pour participer, voir en bas de page>>
Commentaires :
Lecture et musique de fond. https://youtu.be/thHcbmGhCEs?si=zFKxQ6KVYzX_RWhx