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Une louve dressée sur la pointe du néant, Hérissée de lumière, brasier glacé, Veille les failles où gémissent les astres, Sous la lune éclatée d’un cri ancestral.
Le vent griffe les cimes, Des arbres pendus au poids de l’hiver, Charnellement morts, Des spectres d’écorce où suintent les étoiles.
Le sol se brise en un éclat de silence, Des gouffres suspendus, Des lames de glace où se réfracte l’éternité. Le monde s’effondre dans le soupir d’une ombre.
Et pourtant, elle se tient là, Flèche immobile contre l’orage des cieux, Le souffle d’un hurlement figé dans l’espace, Gardienne d’un royaume oublié.
Son pelage, orage et cendre mêlés, Fume d’une brume astrale, Un feu froid danse sur ses flancs, Comme un fragment de nuit qui refuse le jour.
La louve est l’ultime mémoire, Un poème gravé dans la chair de l’hiver. Elle porte dans ses yeux les éclats d’une vie passée, Et dans sa posture, la promesse d’un autre monde.
Au bord du monde, elle attend, Non la fin, mais l’éclat d’un recommencement, Quand la lune mourra pour renaître, Et que le vide se remplira d’un premier souffle. |
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