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 Article publié le 23 février 2025.

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Au riyaime de Claicul on livre

Sa pératesse à son rival

Qui l’enctlure par le nez

C’est la coutule du bit ailleurs

On mange de l’egac’n d’urine

Mâme c’est ainsiu qu’on bite

L’anus de sa vellge au riyaume du con

On choffone les miches des putes

Ki ont les lbibards aplatis par les ans

Chez les grapauts on chie sue le nombril

Et on parce amort le trou du vafgin

Uis on crade l’ensemble de la morue

Au crépuscule on engnhfdecre le brun

C’est gode au fiin pourtant tendu comme

Un certfe en gioggueeetev au bauntrous

On zob le chévrab au mitan in taulle les

Pipes à la bouche maquilléa rouge

In s’en tartune le mambre avant d’entres

Dans le cu de la dame qui briutte des chattes

Epilées mottre en cœur qui pissent

Mits du grand sacrifune jusqu’à l’ex

Pocation du foie et de la plume

Un jiur un himme a bourré une famess

Au plus fort dit Tacite les germains

Ont beacrour de gout pour faire

Des enfants par le cil sans antupathie

Les chevaux épars et les bidons ducul

Et la queue vermillon de l’ordre

Limpide à cause d’un mot de travers

 

Jacques Cauda

 

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Commentaires :

  En fête par Lalande patrick


  En fête par Catherine Andrieu

Le texte de Jacques Cauda est un véritable chaos langagier, un mélange explosif de déconstruction phonétique, d’images crues et d’absurde. Il joue avec les sons et les mots comme s’ils étaient malléables, tordant la langue jusqu’à la rendre presque méconnaissable. On a l’impression d’être plongé dans un univers où les règles du langage explosent et où les mots se réinventent dans un délire anarchique.

Un langage éclaté, presque méconnaissable

Dès le début, on est confronté à des mots déformés (“riyaime de Claicul”, “coutule du bit ailleurs”) qui obligent à une lecture phonétique, presque instinctive. Il faut parfois écouter Patrick Lalande lire à voix haute pour retrouver une logique sonore. Ce procédé fait penser aux expérimentations surréalistes ou lettristes, où le sens importe moins que la manière dont les mots sonnent et s’entrechoquent.

Cette approche crée un effet de perte de repères : on comprend sans vraiment comprendre, comme si on naviguait dans un texte en miettes, où chaque phrase est un puzzle à reconstituer. L’auteur semble vouloir nous forcer à lâcher prise sur la signification immédiate, à nous perdre dans un flot de sons et d’images.

Sexe, corps et provocation

Le texte est rempli de références sexuelles et scatologiques, souvent poussées à l’extrême. Tout y est excessif, dérangeant, presque monstrueux. Il y a une fascination pour les fluides, les orifices, la chair qui se tord et se contorsionne. On retrouve là une esthétique du grotesque qui rappelle des auteurs comme Bataille ou Guyotat, où le corps devient un champ de bataille, un espace de transgression totale.

L’orgie décrite ici semble autant un rituel qu’un chaos primitif, où les frontières entre les êtres explosent. Il y a un mélange de pulsions archaïques, de violence et de dérision. Rien n’est sacré, tout est poussé à la saturation, jusqu’à la nausée.

Un monde renversé, entre délire et satire

Le texte se situe dans un royaume déformé, un espace où les codes sont inversés, où les valeurs sont bouleversées. Est-ce une critique sociale cachée derrière ce délire verbal ? Une satire d’un monde qui a perdu son sens ? Peut-être. En tout cas, cette destruction du langage semble aller de pair avec une destruction des normes et des repères.

Certains passages, comme la référence à Tacite et aux Germains, suggèrent une mise en perspective historique, comme si ces pratiques débridées avaient toujours existé, indépendamment des civilisations et des époques. Cela crée un effet de vertige : cette folie du langage et du corps ne serait qu’une continuité de l’histoire humaine, une vérité brute que l’on préfère d’habitude ne pas voir.

Un texte qui ne laisse pas indemne

Lire ce texte, c’est comme entrer dans un maelström de mots et d’images. Il y a quelque chose de fascinant dans cette explosion incontrôlée du langage, même si cela peut aussi rebuter ou déstabiliser. Cauda ne cherche pas à plaire, il cherche à secouer, à provoquer une réaction.

C’est un texte qui rappelle que la langue n’est pas figée, qu’elle peut être un matériau brut que l’on tord et malaxe pour en extraire quelque chose de nouveau. On peut y voir une sorte de poésie du chaos, un cri primal qui traverse le langage pour en faire surgir autre chose, un monde où le sens est en perpétuel mouvement.


 

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