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Catherine Andrieu, « Si loin que l’oiseau », In memoriam Daniel Brochard (1974-2023), Le Semainier Collection dirigée par Jean Hourlier, Éditions du Petit Pavé, 2025, 58 p. Après avoir publié en 2019 « Correspondance » aux éditions du Petit Pavé regroupant les échanges de 2017 à 2018 entre elle-même et Daniel Brochard, Catherine Andrieu publie chez le même éditeur un recueil de poésies qui devient pure transcription de la douleur consécutive au suicide de cet auteur et son ami en janvier 2023. Tout en réglant fort justement certains comptes Catherine Andrieu offre donc un vibrant hommage face à deux souffrances quelque peu psychotiques chez l’une comme chez l’autre. . CatherineAndrieu souffre encore la violence qu’elle subit dont elle fut en accusée sous couvert, dit-elle « d’une résignation plus empreinte de nihilisme que de compassion ». Une telle dernière blessure - celle de la maladie psychique - fut terrible car consubstantielle et insoluble chez Catherine Andrieu cause et conséquence de l’instabilité de l’amitié qui les a bouleversé. Danscette correspondance « J’y apparaissais comme une folle échevelée, j’avais besoin /D’intensité et toi / de te replier sur ton noyau autistique » a-t-elle écrit. Ici violence et regrets sont communs comme le fut leur maladie et surtout l’emprise de l’homme sur la femme même si elle se reproche d’avoiir été victime de ses moments de crise qui la poussa à rejeter elle et sa maladie. La poétesse n’est responsable de rien quitte à inventer Dieu pour absoudre le poète et se punir de son injustice. Dans ces poèmes où infusent à la fois la question de l’identité et de la confrontation, Catherine Andrieu fit et fait pour le mieux et le rappelle avec émotion Reste néanmoins un amour fort – plus ou moins incompris pour l’une, impossible pour l’autre ». Reste l’interrogation de Catherine Andrieu « dans la forêt du Veillon / nos initiales restent gravées / Sur le tronc d’un arbre mort comme toi / Aussi mort que toi. / Tu es parti où ? Comment savoir ? » Les deux se sont taraudés. Mais reste une sorte d’essentiel terrible et profond : « Tu ne me hanteras pas. / Mais tu me possèdes / A jamais par cet amour qui n’a pas de frontière ». L’auteure pardonne le poète pour sa violence entre autre et surtout de son acte dernier. Bref un mal court. Encore. Au nom de l’amour. D’où cet éloge si douloureux et prégnant donc lecteur ou lectrice devient témoin. |
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Commentaires :
Merci, Jean-Paul, d’avoir su capter l’essence de ce qui se joue dans cette écriture : non pas une simple retranscription, mais un espace où la douleur se construit et se déconstruit, où l’absence devient matière et dialogue.
Tu as perçu cette tension entre l’inéluctable et l’incompréhensible, entre la volonté de dire et l’impossibilité de tout saisir. Ce que tu en retires, ce que tu formules, révèle ce paradoxe : on écrit pour figer ce qui fuit, pour tenter de donner forme à l’informe.
Le lien entre identité et altérité, entre emprise et libération, entre mémoire et perte, est au cœur de ces pages, et ton regard en souligne les lignes de force.
Il ne s’agit pas seulement de témoigner, mais d’interroger. De laisser le lecteur face à l’impensé, au non-résolu, à ce qui persiste au-delà des mots.
Merci d’avoir su voir cet espace mouvant, ce lieu où l’écriture ne répond pas, mais continue de questionner.