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![]() oOo Un frisson d’air s’attarde au bord des vitres entrouvertes, hésite, s’infiltre, dépose une caresse sur l’épaule du jour. Rien n’est certain encore – ni la saison, ni l’heure exacte, seule la lumière sait où poser son ombre.
Quelque part, un mur palpite sous des teintes effacées, une silhouette s’y courbe, rousse d’oubli et de silence, elle n’a pas de nom, à peine un sourire laissé en suspens, comme un écho qui refuse de s’effacer.
En bas, loin des fenêtres, la terre se froisse et s’ouvre, des branches ploient sous le poids fragile d’un printemps, des fleurs éclatent, s’offrent, s’ignorent, et dans l’herbe haute, le vent s’allonge pour écouter.
J’ai vu des visages surgir entre deux éclats d’ombre, des gestes esquissés dans l’angle des jours incertains, j’ai cru deviner un regard sous la pluie d’avril mais peut-être n’était-ce que la mémoire du ciel.
Rien n’appelle, rien ne retient, seulement cette vibration d’espace entre deux silences, comme si le monde entier respirait en secret, prêt à basculer dans l’invisible. |
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