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![]() oOo Je ne crains pas l’écume, ni les griffes du courant. L’onde m’arrache, m’éparpille, je suis brisures de lumière au creux des remous, un fétu de chair happé par l’élan.
Que le torrent m’avale, qu’il m’écrase contre les rocs, qu’il me torde et me recrache dans des vasques de silence où l’eau retient son souffle, où les pierres s’arrondissent à force de patience.
Le repos n’existe pas, seulement des haltes fébriles, des suspensions d’instant où l’on croit saisir le monde avant que l’eau ne reprenne son élan de bête affamée.
Remonter, suivre la veine vive, retrouver le premier frisson là où la source hésite encore entre l’attente et la chute.
Tout est là, l’air vibrant sous la main tendue, les pulsations du sang qui s’accordent à la rivière, l’oubli soudain de soi dans ce grand battement d’espace.
Ce n’est pas une lutte, ni une soumission, c’est une entente aveugle entre la peau et l’eau, une danse d’instinct où chaque nageur devient courant, où chaque pas efface la rive.
L’eau ne retient rien, elle est l’oubli en mouvement, et nous, ivres de sa force, nous apprenons à disparaître. |
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Lecture et musique électro acoustique. https://youtu.be/h2YIJpK2_tk?si=TAJeuKFz6piwEnxk