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![]() oOo Elles avancent, têtes rasées, visages troués par la lumière blanche, griffées d’Histoire et d’oubli, d’ombres broyées sous la mâchoire des hommes.
Un cri monte, tordu, dans l’air dur des tribunaux de silence, où des bouches figées écoutent sans entendre le gouffre des femmes.
La mer gronde loin, emporte ce qu’on ne sait pas dire, les gestes, les absences, les nuits où la raison tangue.
Elles étaient mères et elles étaient l’oubli, elles portaient des enfants comme des orages, elles tenaient des berceaux pleins de marées montantes, laissant des empreintes de sel dans les draps.
Quelque part, un ventre murmure, un souffle ancien s’emmêle dans le sang, des lambeaux de lignées rôdent sous la peau, chimères dormantes dans la chair des vivantes.
Qui étais-tu avant que l’enfant ne t’arrache ? Un corps entier ou une plaie sans bord ? Le cri a coulé en toi comme une rivière noire, et les murs n’ont rien su de ton naufrage.
On regarde sans voir, on juge sans comprendre, et la mer continue d’effacer les traces dans l’écume des jugements prononcés trop vite.
Nous sommes toutes des monstres, des brasiers sous des paupières closes, et nos ventres portent encore la mémoire des mères anciennes.
Alors, qui parle en nous ? Les mortes aux mains vides ? Les furies aux bouches closes ? Ou l’écho sourd d’un monde qui n’a jamais voulu nous entendre ? |
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Elles avancent ,têtes rasées... https://youtu.be/jiFSDAIo_HI?si=dRpe75Dsf4Bc-PaV