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![]() oOo Je viens d’un pays sans nom où les chemins s’effacent en marchant, où l’aube se lève sur des flaques d’oubli et des silences posés comme des pierres dans la gorge des vivants.
Je viens d’un lieu où le ciel descend jusqu’aux épaules, où les chiens parlent aux morts dans la langue ancienne des feuilles. Là-bas, les enfants ne rient plus — ils écoutent les pas d’un monde qui vacille, la rumeur des choses que plus personne ne nomme.
Je n’ai pas de guitare, mais une voix veillée par le feu, une voix qui tremble comme un fil entre deux étoiles éteintes. Je chante avec la blessure du vent, avec les miettes d’un poème que personne n’a voulu lire.
Je vois les hommes s’adosser à des certitudes de verre, parler de bonheur comme on vendrait du sable dans un désert d’écrans. Je vois les femmes poser leur cœur sur des balances trop précises pour l’amour.
Et moi, je marche avec un chien de silence, un frère au regard de suie qui dort sous les palettes, là où la pluie ne tombe plus mais s’accumule.
Je marche dans l’ombre des feux oubliés, avec pour toute boussole le battement obstiné d’un chant qui refuse de mourir.
Parfois, je lève les yeux. Le ciel ne promet rien, mais il s’ouvre. Et dans cette déchirure, je lis — non pas une route, mais un appel. Un cri doux qui ne cherche ni gloire ni refuge, mais seulement le droit de brûler sans témoin.
Alors j’écris, comme on jette une lampe dans l’eau noire, comme on prononce le nom d’un disparu pour qu’il revive un instant dans le frisson du vent. |
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Lecture et musique électro acoustique. https://youtu.be/GGJNd4pF6cY?si=yINYNPqCuG0GhOiS