Retour à la RALM Revue d'Art et de Littérature, Musique - Espaces d'auteurs [Forum] [Contact e-mail]
  
Songes magnusiens II
Navigation
[E-mail]
 Article publié le 22 juin 2025.

oOo

Songes magnusiens II

FORUM
Pour participer, voir en bas de page>>


Commentaires :

  Songes magnusiens II par Catherine Andrieu

C’est toujours dans l’aube que se cache la première insurrection de l’esprit — un battement d’aile antique dans la poussière de l’Attique, une syllabe de Melinnô avant l’avènement de la syntaxe romaine. Stéphane Pucheu réveille cette matrice de marbre et de cendres : il la murmure, la martèle, la laisse forger son métal neuf au feu de la répétition. L’odyssée, dit-il, a commencé là — elle ne finit nulle part.

À travers ces fragments, un labyrinthe se dresse : parois de laiton, remparts de béton, prose en dédale qu’un nom traverse — Drusilla — comme un éclair d’épiderme dans les couloirs hiératiques de Rome. Ici, la ville est une amante de pierre, qui joue et se dérobe, plus légitime que l’homme, plus nue que le pouvoir.

Il y a un empire, oui, mais un empire d’encre. L’immuabilité des oliviers, la fermeté du stoïcisme, la surface du Parthénon : tout cela est convoqué non pour régner mais pour écrire — car le poète, augure et transgresseur, se veut plus vaste que ses lauriers. L’hybris n’est pas un péché mais une note de bas de page à l’intérieur de laquelle se love un phénix, un Prométhée, un Magnus.

La chair et le béton, l’angulaire et le circulaire, la cène et l’ontologie : tout se déploie dans ce chant minéral, cette procession de syllabes qui, comme un damier, avance encore, incorruptible et mouvante. Magnus jette les dés comme on jette un sort au réel — pour qu’il s’effrite et se recompose dans le même souffle.

Alors la prose devient ce qui reste : un consortium de voix, un addendum à l’Empire, un exergue pour ceux qui savent que la verticalité d’un mot peut contenir la mémoire de Rome et l’ombre d’un narrateur. Car il n’est pas question ici de retrouver le temps perdu — mais de le disperser, de le boire, de le laisser ruisseler entre les thermes et les amphithéâtres, jusqu’à Minéralopolis, sœur froide de Mémorialis.

À la fin, une seule question se pose encore, gravée sur le seuil : Hybris ? Peut-être. Mais surtout, le souffle d’un Magnus vivant, têtu, qui s’écrit pour mieux s’oublier.


 

Un commentaire, une critique...?
modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Ajouter un document

Retour à la RALM Revue d'Art et de Littérature, Musique - Espaces d'auteurs [Contact e-mail]
2004/2026 Revue d'art et de littérature, musique

publiée par Patrick Cintas - pcintas@ral-m.com - 06 62 37 88 76

Copyrights: - Le site: © Patrick CINTAS (webmaster). - Textes, images, musiques: © Les auteurs

 

- Dépôt légal: ISSN 2274-0457 -

- Hébergement: infomaniak.ch -