|
||||||

| Navigation | ||
![]() oOo Un voyage à travers l’amour inachevé, les souvenirs persistants, Point de vue sur la narration cyclique Dans ce cycle de récits, la narration cyclique joue un rôle important dans la structuration des expériences et des événements des personnages. Le cycle est une forme qui cherche à rassembler et décrire les moments clés de la vie, qui se produisent et se répètent de différentes manières, étant interconnectés avec chaque scène précédente et suivante. Ce type de structure repose sur l’idée que la vie n’a pas un début et une fin clairement définis, mais est un processus continu, où chaque moment est une continuité de ce qui s’est passé avant et une préfiguration de ce qui viendra. Dans ce cycle, chaque chapitre est comme un petit cycle au sein d’un cycle plus grand. Cela rend la narration semblable à un processus qui continue de croître et d’évoluer. Les événements des personnages et leurs sentiments peuvent sembler flous et incompréhensibles pendant une période donnée, mais chaque partie de leur vie est un pas qui les rapproche d’une compréhension plus profonde. Tout comme un vers de poésie qui n’a pas de fin définie, mais qui continue à vivre dans la mémoire et le cœur du lecteur, ainsi est la vie des personnages : sans fin définie, mais une continuité qui forme une histoire vivante. La narration cyclique représente bien plus qu’une simple description d’événements. C’est une forme créée pour refléter le temps comme un cercle : où le passé, le présent et l’avenir sont entrelacés et se soutiennent mutuellement pour former un tout. Les personnages, comme Urata et le Réalisateur, ne sont pas simplement bloqués dans une période déterminée, mais sont toujours en quête d’une compréhension plus profonde de ce qu’ils ont vécu et de ce qui se passe dans leur vie, sans savoir que cela pourrait être un voyage sans fin. C’est pourquoi ce petit livre est plus qu’une conclusion ; c’est un appel à réfléchir sur les conséquences et les impacts permanents des choix et des actions d’un individu. La vie ne s’arrête pas à un moment donné, et les souvenirs ne peuvent pas être confinés dans une période déterminée. Le cycle continue, tout comme la quête pour comprendre l’amour, pour créer et partager ce qui reste flou et inaltéré. Le cycle est comme une poésie qui n’a pas de fin, mais qui offre toujours au lecteur la possibilité de le poursuivre dans son esprit, réfléchissant à la vie et aux personnes qu’il a connues et connaîtra. De cette manière, la narration cyclique accorde au temps infini à ce cycle de la vie, où chaque scène et chaque événement sont interconnectés et portent le poids des expériences passées et des possibilités futures. C’est une histoire qui ne se termine jamais, car chaque moment, chaque scène, est une nouvelle occasion de comprendre et de changer tout.
|
|
|
Revue d'Art et de Littérature, Musique - Espaces d'auteurs | [Contact e-mail] |
FORUM
Pour participer, voir en bas de page>>
Commentaires :
Il est des livres qui ne racontent pas une histoire, mais la déposent comme une neige douce sur le seuil de notre mémoire. Ils ne cherchent pas à convaincre, ni à séduire, ni à conclure. Ils respirent. 24(27) Janvier – Les scènes jamais filmées est de ceux-là. Un livre sans fin, sans début, un livre qui palpite entre deux silences, entre deux silences qui aiment.
Ce recueil n’est pas une fiction, il est une survivance. Ce qui reste quand tout semble s’être effondré. Ce qui bat, au creux du cœur, quand l’amour n’a pas survécu mais que la mémoire s’obstine à faire son œuvre. Ce que Lan Qyqalla écrit, ce ne sont pas des récits : ce sont des empreintes. Des images qui ne s’effacent pas même si la pellicule n’a jamais tourné. Ce sont des scènes jamais filmées, mais dont chaque battement de phrase est un travelling intérieur sur le manque, sur l’absence, sur le mot « amour » resté au temps imparfait.
« Le 24(27) janvier est l’une de ces dates où le temps m’a ressuscité – m’a rappelé que j’avais oublié de vivre ma propre vie. » (Préface)
Il fallait l’oser, ce mot : ressuscité. Car c’est bien de cela qu’il s’agit ici. Non pas un récit d’amour, mais un retour d’âme. Le temps n’est pas linéaire chez Lan Qyqalla. Il est cercles, spirales, couches de souvenirs superposés. Chaque scène est un miroir de l’autre, une trace fossile du non-dit. Le cycle est une liturgie laïque : un rite d’amour perdu, célébré avec une tendresse sans complaisance.
Au cœur de ce cycle, Elsa. Elle n’est pas un personnage, elle est un feu figé. Une flamme qui ne brûle plus mais dont la chaleur persiste dans l’air. L’homme qui écrit – le Réalisateur, jamais nommé – se débat dans un monde où l’amour est resté en coulisses. Il ne filme pas, il regrette. Il ne vit pas, il se souvient. Tout ce qu’il n’a pas dit, pas fait, pas compris, revient comme un film monté à l’envers.
« Tu partais toujours quand il fallait rester. Tes films sont bons, mais tu n’es pas un personnage. Tu n’es que fuite. » (Scène II)
Et pourtant, tout cela n’est pas que douleur. Il y a Urata. Elle est l’antidote, l’après, le possible. Mais dans ce monde d’ombres et de résurgences, elle n’est pas une rivale d’Elsa : elle est une présence nue, humble, offerte. Elle tend la main, encore et encore, non pas pour remplacer, mais pour exister. Non pas pour guérir, mais pour aimer en pleine lumière.
« Ce n’est pas un film. Je suis là, tout près. » (Scène I)
Ce qu’écrit Lan Qyqalla ici, c’est un théâtre intérieur, sans scènes construites, sans dialogues achevés. Les mots sont bruts, parfois sobres jusqu’au dénuement, mais toujours traversés de cette vibration rare qu’on appelle la sincérité. La solitude du Réalisateur n’est pas posture. Elle est la matrice de toute cette œuvre. Il vient à la littérature comme on vient à une pierre tombale — avec lenteur, pudeur, et ce besoin impossible de parler aux absents.
Ce n’est pas tant Elsa qui est morte, d’ailleurs. C’est le film qui ne fut pas tourné. C’est l’instant qui n’a pas été vécu à temps. Ce qui hante le Réalisateur n’est pas la fin, mais l’irréalité. Ce qui aurait pu être. Ce qui aurait dû être. Ce qui ne sera jamais.
« Tu ne m’aimais pas, moi. Tu aimais une idée de moi. L’actrice qui ne fit jamais partie de ton casting. » (Journal d’Elsa)
Et c’est cela, la beauté déchirante de ce livre. Il ne prétend pas offrir une consolation. Il n’offre même pas un sens. Mais il témoigne. Il persiste. Il tend à tous les êtres silencieux ce miroir brisé où se reflète leur propre chagrin.
Dans la dernière scène, il n’y a plus d’effusion, plus de fausse catharsis. Il y a un silence habité. Une main tendue. Un regard resté. Ce n’est pas la fin. C’est juste assez.
« Ce poème n’avait pas besoin d’une fin. Le Réalisateur le savait. » (Scène VII)
Oui. Parce que ce livre n’a pas besoin d’une fin non plus. Il vit en nous, comme ces films d’auteur dont on ne comprend pas tout, mais dont chaque image reste, accroche un coin d’âme, modifie à jamais notre manière d’aimer. Il faut lire ce livre comme on regarde tomber la neige sur un trottoir désert : lentement, religieusement, sans chercher à balayer les traces.
À ceux qui portent en eux une scène qui ne fut jamais jouée, jamais dite, jamais filmée : ce livre vous reconnaît.
Et vous répond.