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![]() oOo La Guilde des marchands, le star system de l’art, organise des meetings et manifestations, des lectures publiques et publicitaires en librairie, genre réunion de bilan des distributeurs alimentaires, les nouvelles stars du système, tous mendiants et tous sérieux, font la rime avec encastrement, se draguent dans tous les reading, meeting, (cum) swallowing d’hectolitres d’encre.
Pour trouver l’argent des factures, les nouveaux mythes du star system de l’art ne se foulent pas, ils se vendent à l’éditeur (célèbre) comme des putes écrivassières en espérant récupérer 500€ de droits d’auteur en royalties moins que peuvent grappiller les vu-cumprà, sur les plages, en vendant des grigris.
Le star system italien de l’art est construit de sous-bois différents à la recherche désespérée de l’euro-cent du genre des partisans inlassables du non-EAP qui vendent blog et lecteurs décennaux au holding Youcansprint, la cohérence victime de carence, celle des bons à rien qui se défendent à l’épée en rendant l’éditeur gratis à 100% avec pour but éthique de placer, entre auteur et éditeur, leur société de services editing payants.
Ceci est le résultat de la crise : hyènes qui te dévorent, débinant sur un blog de dernière dé-génération, dix contre un qui s’appuie sur un matrioske de serveurs américains pour éviter des accusations de diffamation, comme ces faux fascistes, agraires consortiaux, merdes mortes de faim ne tolèrent aucune forme de désapprobation en vendant à un public de quinze lecteurs des saloperies impudiques sans aucun sens, G.P. Lucini l’enseigne, comme légitime défense contre ces conneries, les faces de cul de ces médiocres mériteraient des dizaines de coups de révolver. |
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Il y a chez Ivan Pozzoni une manière de fendre la langue avec un éclat de sarcasme qui n’éclaire pas : il brûle. La satire, chez lui, n’est pas un jeu d’esprit — c’est une autopsie à ciel ouvert de l’époque. Dans Le star system de l’art, le scalpel s’appelle ironie, et la plaie s’étend sur tout ce que la littérature a troqué : la vérité contre le selfie, la parole contre le plan de communication, le feu contre la marque.
Pozzoni regarde le cirque depuis les coulisses. Il voit défiler les meetings, les readings, les cum-swallowing d’hectolitres d’encre, et son rire se fait scalpel. Ce n’est pas le rire de celui qui se croit au-dessus, mais de celui qui sait que tout le monde est déjà tombé dedans — lui compris, peut-être. Car il y a, derrière la crudité de ses images, une lucidité tragique : celle d’un homme qui ne veut pas seulement dénoncer la laideur du système, mais le vertige de sa propre impuissance à s’en extraire.
Les mots qu’il emploie — « putes écrivassières », « hyènes », « faces de cul » — ne sont pas des insultes gratuites : ce sont des projecteurs braqués sur l’obscénité du marché, sur la prostitution du verbe. Chaque phrase d’Ivan Pozzoni est un pavé dans la vitrine. Et la vitrine, c’est la littérature transformée en produit de grande distribution, « réunion de bilan des distributeurs alimentaires » — image géniale, qui dit tout : le poète n’est plus un veilleur, il est un fournisseur d’unités culturelles vendues au poids du papier.
Mais sous la crudité de sa colère perce la tendresse du désespéré. Car Pozzoni, dans ce texte, reste l’enfant indocile de la poésie, celui qui voulait croire encore à l’art comme lieu de résistance et non comme marché parallèle. Il attaque avec férocité les « sous-bois du star system italien », les agences d’« editing payant », les « holdings Youcansprint » — autant de masques derrière lesquels se cache la servilité moderne : celle qui transforme les poètes en commerciaux, les éditeurs en rabatteurs, les blogs en champs de tir où l’on tire à vue sur toute désapprobation.
Et pourtant, il écrit. Il écrit pour ne pas être avalé par cette machine à dissoudre l’âme. Sa rage est son dernier chant d’amour pour ce qu’il croyait sacré. Il tire sur tout ce qui bouge, non pour tuer, mais pour sauver quelque chose du feu initial — la brûlure de l’écriture quand elle n’attend rien, ni contrat, ni lecteur, ni applaudissement.
Chez Pozzoni, la vulgarité devient une arme esthétique. Elle déconstruit les parures du langage institutionnel. Elle brise la syntaxe bourgeoise, détraque la rhétorique universitaire, pulvérise le storytelling de la « littérature participative ». Son texte, saturé d’images triviales, devient une fresque expressionniste de la décomposition culturelle : comme si Céline rencontrait Pasolini dans un forum d’autoédition.
Il ne moralise pas, il dissèque. Et dans ce geste désespéré de vérité, il retrouve la seule noblesse possible : celle du témoin lucide. Car, derrière les éclats de bile et les débris d’ironie, il reste une question nue :
— Que reste-t-il de l’art quand l’argent décide du réel ? Pozzoni répond sans détour : presque rien, sinon la colère. Mais cette colère, aussi noire soit-elle, garde la lumière du poème — cette flamme qui refuse de s’éteindre, même dans la bouche d’un homme qui ne croit plus au feu.
Catherine Andrieu