Site de Patrick Cintas - Personnages
des jours à l'Héméron
patrick cintas
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travaux d'approche**
Questions d'instances
du texte
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Zone 1
Zone 2
Des styles de Télévision
et autres mystifications

La décoration du texte façon exotique, versifiée, rimaillée, polarisée, et j'en passe, n'est pas affaire d'écriture. Un chat est un chat. Certes, la question de la contrainte se pose toujours avec une insistance de promeneuse des trottoirs. Mais pour moi, le style c'est toujours celui des autres. Et les autres sont des personnages. Le français étant une langue morte depuis le XVIIe siècle classique inclus, les meilleurs écrivains ont toujours cherché à en créer une autre sur la base de son lexique étendu et de sa grammaire évolutive. Il faut aller de Sorel à Mallarmé sans craindre l'enjambement. Et rencontrer aussi bien Céline que Frankétienne pour apprécier la distance qui sépare toujours le littérateur du poète. Je l'ai écrit quelque part : Dire « la marquise sortit à cinq heures » ou « cette conasse d'aristo se cassa à cinq plombes pétantes » c'est dire exactement la même chose. Et ce n'est pas ce que font Céline et les autres. Car il y a là deux personnages et non pas deux écritures.

ECRITURE ARTISTE

La culture des apparences propre au chant mineur conduit au conceptisme des styles journalistiques, didactiques, feuilletonnesques, romanesques, confidentiels et autres. C'est le travail de la poésie de condenser la matière triviale pour l'approcher de ce qui serait un chant majeur avec invention à la clé. Car s'il n'existe au fond que 2 chants, le mineur et le majeur, le travail est double lui aussi : celui des apparences et celui de la poésie, l'un en proie à l'observation et à la critique, l'autre à la merci des outils encore possibles. D'où la pratique de la télévision (de l'écran) et l'exercice de la plume.

 

Chant mineur
...de tout un peu

L'ÉCRITURE DES AUTRES

L'écriture des autres, il n'en manque pas, surtout si on met le nez dehors, encore que la télévision et les écrans encouragent l'enfermement. Voir l'onglet [HISTOIRES] à propos du Tractatus ologicus. Cette multiplication des genres, des styles, des fictions, des interprétations et des spectacles, eh bien c'est le monde dans lequel nous existons, des fois qu'on soit vraiment en vie. Évidemment, on n'en fait pas le tour en raclant ces fonds de tiroirs, d'autant que les langues et leurs patois remontent toujours à la surface avec la frénésie des voyages en rond. Et on n'approfondit rien non plus. Tout au plus nous ravissons-nous d'en savoir assez pour tromper l'œil et l'oreille qui va avec. Le chant mineur a des allures de guide touristique, façon ARTE. On a vite fait de s'y reconnaître, surtout si on est pressé de tourner la page, ce qui arrive forcément au passant qui rêve de voyage. Je m'y adonne sans intention d'éclairer les lanternes. Alors j'ai créé Gor Ur, qui, comme je le souligne (voir le [no 85 de la RALM]), n'a pas de dimension, genre Dieu ou personnage fantastique. L'Urine et le Métal assument le rôle que la 'pataphysique impartit aux contraires. On ne peut pas être plus sérieux. Et il y a de quoi en rire. Aussi n'est-il pas question, sur le mode mineur, de montrer ce que je sais faire, mais bien plutôt de critiquer ce que le monde des hommes vomit sur celui des animaux et des pierres (et de plein d'autres choses que je suis bien incapable d'énumérer).

Chant intermédiaire
...poésie

MOYEN PAS FIN

Voir l'onglet [HISTOIRES] à propos de poésie. Les uns y voient le sommet de l'écriture, magique pyramidion. Les autres les prémices de l'existence, écriture adolescente qui n'a pas encore le pouvoir de parler au lecteur de romans et encore moins à l'amateur d'explications et de confidences. Dès le départ, je n'y ai vu qu'un moyen, pas une fin. Un outil, pas un objet. Une fonction. La poésie change les apparences en rêve. Rien à voir avec la réalité. Ou bien c'est ça la seule réalité possible, celle qui fait de l'autre un reflet de miroir, envers mis à l'endroit. Cela suppose de la technique. Oh pas celle de l'orfèvre de la langue qui caresse son dictionnaire de rimes et ses précisions lexicales. Plutôt celle des personnages observés dans le monde des apparences, celui de tous les jours où la fiction est un spectacle ou une thérapie. Si le chant majeur est un objectif avoué, comme invention ou solution selon le génie de chacun, alors les techniques les plus mineures forment le lit de la rivière et c'est de cette eau qu'il faut boire. Rien à voir avec les fanfreluches du style. Et ce n'est pas une question de vieillerie. Le temps n'a rien à voir là-dedans. L'humain est ce qu'il est. La poésie est la sienne. Toute opération consistant à distinguer le beau du vulgaire est une faute d'écriture. C'est avec de l'humain qu'on fait de la poésie. Et pas pour en faire un dieu ou je ne sais quoi d'approchant. La poésie ne change pas l'humain. Elle transforme son spectacle. Et le rêve est alors une approche de la connaissance. Un coucou du trouveur au chercheur qui s'échine derrière la vitrine des certitudes. Restons artistes.

POÉSIE ET POÉSIE

Il est vrai qu'il y a poésie et poésie, car dès qu'elle est l'enfance de l'écriture, elle prolifère comme le chiendent et le territoire qu'elle recouvre devient impossible à explorer. Des milliers qu'ils sont, je vous dis, les poètes ! Il en pleut comme il en sort de terre ! Ah il faut écrire ! Et il faut aussi reconnaître qu'il est quand même plus facile de noircir des pages avec de la « poésie » qu'avec autre chose de plus exigeant au niveau du souffle, même si on s'adonne au fourre-tout romanesque. Alors l'élite, celle qui se donne pour telle, grogne dans sa cage gouvernementale. C'est d'autant plus spectaculaire qu'il n'est pas possible de prétendre appartenir à l'élite si l'on n'a pas été adoubé. Ainsi, les chevaliers non reconnus envahissent, parasitent, détruisent, font des procès ! Et vous savez pourquoi tout ça? Eh bien parce qu'en réalité s'il y a bien poésie et poésie, il y a aussi poésie. C'est fou, non?

CRITIQUE, RAISON ET PARODIE

L'œuvre, c'est la raison de cette corrida, de ce sabbat, de ce pandémonium. La cause, la chose. La leçon d'Edgar Poe, reprise par Baudelaire et Mallarmé, consiste à flanquer cette bacchanale des deux pratiques les plus salutaires qui soient, à savoir la critique et la parodie. Exercice constant des jours dans la perspective d'un Héméron réaliste ou en tout cas imaginable. Le regard décisoire et l'humour, noir de préférence, accompagnent toujours le travail de condensation exigé par la « chose ».

Chant majeur
...écriture

DEGRÉS

Voir l'onglet [HISTOIRES] à propos d'Aliène du temps. Qu'on ne se méprenne pas sur mes intentions ! Ici, pas de recours incessant à la religion et au droit. Ce n'est pas le genre de la maison... Il s'agit plutôt de constater, plus pragmatique encore que Faulkner, que la poésie est un leurre et les genres mineurs des pis-aller. Qu'est-ce qu'il nous reste, ô Musidor ! Eh bien ce chant majeur qui est à l'écriture ce que la marche est aux pieds. On n'y arrivera pas, c'est bien compris. Mais on fait de son mieux. Aussi est-il toujours pratique d'en attribuer la paternité à un personnage. On ne change pas en passant des apparences au rêve qui nous occupe ici. Mais l'écriture, cette écriture-là, m'appartient. Elle m'appartient tellement que son conceptisme peut effaroucher. Chaque page contient tout le volume à elle seule. Et pas une répétition. Des variations, oui. Des tentatives d'imiter l'infini. Cette écriture serait en quelque sorte une solution provisoire, entre la foi forcément aveugle de l'humain qui m'empoigne comme j'étrangle ma voix, et cette culture du soupçon qui frise l'indifférence et dérange toujours mes meilleures siestes sous la treille. Je n'en sais pas plus.

Certes, ce schéma, ou peut-être graphe, n'est pas un signe de croix ni de reconnaissance. C'est un repère, tout au plus. On reproche à la littérature française d'avoir condamné le chant à ses apparitions familières ou triviales et à une sorte de noblesse conçue seulement pour la distinguer de l'ordinaire. Et ce n'est pas l'esprit révolutionnaire qui est la cause de cette insoutenable amputation. Le mal a précédé le bourgeois et ses « frères suçons ». Le troubadour n'a plus droit de cité à Paris. Heureusement, les poètes, Mallarmé en tête, ont renoué avec la tradition de l'obscur et de la dissociation. Reprenant cette poétique renouvelée, j'y ai tracé ce que mes impressions me communiquent de tangible. L'interprétation se joue alors dans le domaine des apparences, les horizons du rêve et les territoires que le talent impose au miroir de la réalité.

CONCEPTISME

Je pense à Hemingway chassant Orson Welles qui, au lieu de dire le commentaire écrit pour The Spanish Earth, le joue comme s'il allait être applaudi dans son théâtre new-yorkais. Et j'entends la pléthore des diseurs de poésie s'époumoner ou susurrer devant des parterres municipaux. Comment voulez-vous que l'écriture majeure soit dite ? Ce n'est pas son character. De Gracián et Quevedo à Pound et Hemingway (non, pas Faulkner) l'écriture se lit. Elle ne se dit pas. C'est d'ailleurs la leçon du théâtre. Tous les comédiens savent ça. Si toutes les parodies sont possibles sur le mode mineur et si la poésie admet les probabilités, l'écriture majeure, loin des naïvetés d'Ana María Matute et de l'humour réaliste de Faulkner (voir onglet [SCORIES]), est à la fois synthèse additive et soustractive. Ici, pas de spectre des couleurs : du noir et du blanc. Il va sans dire que c'est la lenteur qui affecte la lecture avec son corollaire l'impatience.

impressions interprétation composition
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chant mineur poésie chant majeur
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réalité/apparences apparences/rêve réalité/rêve
rêve réalité apparences

Résurrection Post-Mortem
est un réseau en marche souterraine
dans le monde où le Métal voit ses fusions figées par l'Urine du Gorille.
Sa devise est : « Try them ! »

© 2017 patrick cintas
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aux convaincus, aux sceptiques, aux salauds, aux pédants
et à tous ceux qui ne pensent pas littérature
ou, quand ils y pensent, n'agitent que la langue nationale,
celle qu'on tire tous ensemble.