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 Article publié le 28 février 2016.

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de la fourgonnette sans se soucier de ce qu’on pensait d’elle parce qu’elle ne saluait personne sauf Lorenzo qui venait à sa rencontre et qui lui offrait son bras pour la conduire jusque dans la cuisine où il avait exposé le produit de ses chasses et de ses courses. Carina venait de perdre un enfant qui était aussi le sien, il ne le niait pas. Et voilà comme il répondait à son attente douloureuse : il courtisait une autre femme, sous mon nez. Il la courtisait avec une certaine discrétion, je l’avoue. Je ne l’ai jamais vu que parler avec elle. Elle consentait à lui sourire chaque fois qu’il la plaisantait toujours à propos de son comportement d’oiseau de passage. Avait-elle quelque charme à dépenser ici-bas ? J’en doute. C’était une paysanne grossière de peau et d’articulations. Elle allait mal peignée, peut-être sale et en tout cas disgracieuse et maladroite. Mais Lorenzo était bien sa seule compagnie dans cette maison où Nicolá venait de commencer à s’éloigner de moi. Oh il n’avait rien perdu de cette inquiétude à propos de mes vertiges qu’il continuait de soutenir avec toujours la même attentive efficacité. Mais il avait instauré une quotidienneté faite de rencontres à l’heure exacte, de repas calculés sur le temps soustrait à l’écriture qui le soucia tellement cet été-là, de promenades silencieuses entrecoupées de sentences botaniques qui n’avaient plus rien à voir avec notre amour ; il y avait encore deux ou trois corvées qui échappaient à la responsabilité de Lorenzo et puis cette veillée, toujours la même, où le feu occupait toute la conversation. La vie de Lorenzo, cet été, me sembla plus sereine. Elle ne pouvait pas l’être. Carina lui écrivit. Il lut ses lettres. Il sut exactement où elle en était. Il n’en parla pas une seule fois. Il se contentait de trouver sa place exacte dans la grille imposée à tous par un Nicolá qui avait d’autres soucis. Je ne pouvais pas lui en vouloir. Il devenait fou. C’était comme ça qu’il appelait sa solitude, et il ne l’aimait pas. Lorenzo pouvait-il s’en souvenir à l’instant précis où Carina revenait pour donner un sens à son errance ? Lorenzo avait traversé le grenier de cette maison contrairement à ce qu’il affirmait. Il l’avait peuplé des mêmes fantômes qui habitaient celui que Nicolá emplissait tout entier de sa

 

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