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Ces auteurs ont bien
voulu animer des
espaces plus proches de
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que le sommaire de la
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Romain Gambois - Haïkus dénaturés
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Parisien de naissance, Romain Gambois est poète et critique. Né d’un père chanteur des rues et enseignant, il suivit cette double voie dès son plus jeune âge et a produit depuis une quantité considérable de poèmes dont quelques-uns sont parus en volume sous le titre de Pointes du Jour (épuisé). Défenseur de la langue française, il s’applique à la faire connaître. Son cri concerne aussi les sans-défenses qu’il traite comme ses frères de sang. Sa poésie est simple et vigoureuse, ce qui ne l’empêche pas d’être harmonieuse et à la portée de tous. Il prépare actuellement un recueil de ses meilleurs moments à paraître aux éditions Gallimard.

Haïkus dénaturés

Petite poésie des obscurités.

Ses habitants font de petits bruits

Et nous ne les écoutons pas.

- Haïkus 301-310
301
Cet homme que je ne connais pas.
Il disparaît dans le fond de la rue.
Je suis toujours assis sur le banc.
302
Se chercher dans le  [...]

- Haïkus 291-300
291
L’oubli dans la valise des voyages,
Puis dans la chambre des hôtels
Et enfin dans le cœur des habitants.
292
L’insecte virevolte dans la  [...]

- Haïkus 281-290
281
L’objet face à son miroir :
Approche des imperfections :
Sa place dans le chantier en cours.
282
Ne pas ouvrir la fenêtre fermée.
Ne  [...]

- Haïkus 271-280
271
Un jardinier nous héla
Du fond de son jardin :
Rose Rose palpitait.
272
Mot pointu dans mot creux.
Un seul mot pour le dire.
Mais le  [...]

- Haïkus 261-270
261
L’homme bava sur son clavier :
L’écran s’emplit d’étoiles d’or.
Enfin un poème circulaire !
262
Ne résistez pas au désir
De posséder de  [...]

- Haïkus 251-260
251
Mon visage dans une vitrine.
Je suis triste ce matin.
Encore une journée sans fin.
252
Poids de l’attente sous les plafonds.
Ne rien  [...]

- Haïkus 241-250
241
Cristaux d’écume dans ce regard :
Il a vécu les grandes aventures.
Tu choisis le coquillage à l’oreille.
242
Rien ne vaut le sommeil de  [...]

- Haïkus 231-240
231
Voici la pierre des agenouillements :
Debout, tu n’attends que la pluie
Pour retourner d’où tu viens.
232
Tu n’entres pas dans ces  [...]

- Haïkus 221-230
221
Gazouillis et crissements,
Nourriture du sommeil
Après un bon repas.
222
Poésie : distance entre
La profondeur possible
Et la hauteur  [...]

- Haïkus 211-220
211
« Qui voudra de moi
Maintenant que je sais ? »
Dit la mariée en larmes.
212
Coup de pinceau dans le ciel :
Le couteau redescend sur la  [...]

- Haïkus 201-210
201
Tercet parallèle au récit en cours.
Un personnage dans les coulisses
Ne se souvient plus de son texte.
202
Même théâtre d’ombre et de  [...]

- Haïkus 191-200
191
Un homme couché en travers du chemin :
Son visage est encore un secret.
Je ne le garderai pas longtemps.
192
Ah ! ces rues désertes de  [...]

- Haïkus 181-190
181
Qu’est-ce que la poésie
Si la poésie
Meurt avec moi ?
182
Fines observations
A fleur même
De la peau caressée.
183
Crissement de  [...]

- Haïkus 171-180
171
Autant de morts que de vivants :
C’est l’équation sentimentale.
Pourtant, 1 et un égale 3.
172
Trop de poétiques derrières
Posés sur ces  [...]

- Haïkus 161-170
161
Vacances à l’autre bout du monde :
On revient par tous les chemins.
On s’émerveille de cette sorte d’infini.
162
Blanc papillon d’une  [...]

- Haïkus 151-160
151
Écrire le livre qui portera votre nom
Quand votre corps n’en aura plus :
Vous ne savez pas ce que c’est.
152
« Ainsi vous écrivez de ces  [...]

- Haïkus 141-150
141
Quelle imagination de l’instant vous avez,
Festivaliers des étés improbables !
Vos hivers sont tellement parisiens !
142
Vide sidéral  [...]

- Haïkus 131-140
131
Entrebâillement des rideaux exotiques.
La fête jouait avec ses feux criards.
Lévitation au-dessus des draps.
132
Quelle vérité ne crie  [...]

- Haïkus 121-130
121
Algues des écumes du soir.
Des pieds remontent cette frayeur.
Je ne trouve pas la force de fuir.
122
Fruits de l’été sur des plateaux.  [...]

- Haïkus 111-120
111
Promeneurs aux pieds nus.
Ils contemplaient la dune d’argent.
Je surfais sur d’autres vagues.
112
Qui connaît la vive immobile ?
Le  [...]

- Haïkus 101-110
101
Mille poètes devant le miroir.
Un seul a connu l’effet
Du soleil sur le principe du reflet.
102
Petit-déjeuner sur l’herbe tendre.
Les  [...]

- Haïkus 91-100
91
Le vent n’emporte que les enfants.
Voilà le spectacle donné à l’homme :
Des feuilles d’enfant et pas de livre.
92
On ne trouve pas les  [...]

- Haïkus 81-90
81
La poésie ouvrit la fenêtre du salon.
Comme j’étais dehors avec les oiseaux,
Je me mis à chanter plus fort qu’elle.
82
Bulles de grenouille  [...]

- Haïkus 71-80
71
Villes comme des ulcères
Où il fait bon vivre
Si on aime l’argent.
72
Écrire comme l’eau coule de source.
Chaque jour l’aliment se pose  [...]

- Haïkus 61-70
61
Cigales de mes andalousies.
Qui traverse ce chant
Sans s’y brûler les ailes ?
62
Extases de mes surfaces d’eau.
L’herbe s’y couche en  [...]

- Haïku 60
Traversée verticale d’un souvenir.
Il faut en imaginer le fond
Sinon ce n’est plus un souvenir.

- Haïku 59
Revenons sur les lieux de l’enfance.
À quel endroit de cette fiction
Avons-nous commis la première cruauté ?

- Haïku 58
Au croisement des rues,
La liberté en trois feux :
Je ne choisis toujours pas.

- Haïku 57
Pipe des pipettes,
Sa fumée s’entête
A faire la fête.

- Haïku 56
En matière de poésie
Ils aiment ce qui chante :
Mais ils n’écoutent pas.

- Haïku 55
Ces arbres dans nos villes saturées
De gaz et de terrorisme :
Mort debout des monuments ?

- Haïku 54
Lettre anonyme des réseaux.
Pas le temps de la lire !
C’est que j’écris la suivante.

- Haïku 53
Demain nous irons à la mer.
La vague nous attend depuis si longtemps !
Nous verrons ce que le vent nous réserve.

- Haïku 52
Il n’y a pas plus de poésie
Que de chair dans ton lit :
L’initiation n’a pas de fin.

- Haïku 51
Joies retenues aux lampadaires
Des trottoirs qui n’existent plus.
J’ai moi aussi pignon sur rue.

- Haïku 50
Ces ombres ne sont pas furtives
Contrairement à ce que tu prétends.
Elles n’existent que pour elles-mêmes.

- Haïku 49
Les grains de raisins perlaient
Comme à ton cou les gouttes
De la pluie qui s’annonce.

- Haïku 48
Petite poésie des obscurités.
Ses habitants font de petits bruits
Et nous ne les écoutons pas.

- Haïku 47
Ah ! ces soirs d’insectes et de piqûres !
Comment ne pas boire à nos amours ?
Même les enfants comprennent ça.

- Haïku 46
Un enfant tombé du ciel.
Parachutiste ou goutte de pluie ?
Une feuille mesure l’évènement.

- Haïku 45
Moment tombé comme une feuille
A l’automne de nos recommencements.
Qui est qui maintenant ?

- Haïku 44
Comme il est bon de se retrouver !
Une terrasse nous accueille.
Nous apprécierons toujours cette ombre.

- Haïku 43
On peut encore rêver sur les quais.
Mais la foule nous ressemble.
Les voyages traversent les affiches.

- Haïku 42
Traces de pneus sur nos pierres.
Ils n’ont pas écrasé le chien.
Le chat en est tout étonné.

- Haïku 41
Les filles des lavoirs n’existent plus.
Les pierres sont tout ce qui reste.
L’eau blanche et bleue a disparu.

- Haïku 40
Fleurs qui penchent au soleil.
D’autres émergeaient, prometteuses
Mais sur le fil du temps elles aussi.

- Haïku 39
Ne retiens pas ce qui s’en va.
Ne suis pas ces pistes tracées
Dans l’incertitude des vents.

- Haïku 38
Baleines des temps anciens.
Puis dauphins de l’entre-deux-guerres.
Aujourd’hui, sardines, vives et touristes.

- Haïku 37
Sur les dunes agitées de vents
La perspective d’une voile lointaine :
Et nous voilà au sommet !

- Haïku 36
Rien ne vaut l’existence
Du printemps qui revient
Avec la mort sur son dos.

- Haïku 35
Nous n’aimions pas les rivières.
Nous courrions vers la mer.
Et franchissions mille pays.

- Haïku 34
Ventre de poisson crevé
Par le fer déjà rouillé :
Seul le fil témoignait.

- Haïku 33
Mourir seul ou au combat…
J’y pensais en te regardant :
Tu étreignais le sable fin.

- Haïku 32
Pourquoi cette source et pas une autre ?
Est-ce la fraîcheur, la douceur ?
Autre chose que tu ne sais pas ?

- Haïku 31
Tu ne passeras plus par là.
Ils t’ont volé ce souvenir.
D’ailleurs tu es mort plus d’une fois.

- Haïku 30
Copeaux d’or des menuiseries
Où se jouent nos intérieurs.
Les pittoresques comme les autres.

- Haïku 29
J’écris ce qui s’écrit.
Si je n’écris pas,
Je ne suis pas d’ici.

- Haïku 28
Ne respire pas l’insaisissable
Comme s’il s’agissait d’une fleur :
Il ne connaît pas les saisons.

- Haïku 27
Après un si long voyage,
On se retrouve avec plaisir,
Mais sans le temps écoulé.

- Haïku 26
Entre le rêve et l’imagination,
Le verre de vin qui multiplie
Les voyages sans lendemain.

- Haïku 25
Voici l’oiseau des vitres mouillées.
Ta main ne l’effraie plus depuis longtemps.
Vous connaissez vos intentions, leur  [...]

- Haïku 24
Lit des fleuves et des voyages.
Nous tournerons toujours en rond.
Toujours plus près de la tangente.

- Haïku 23
Nous habiterons mes paysages.
Nous rêverons de tes villes là-bas.
Mais nous ne dormirons pas tranquilles.

- Haïku 22
Si c’était une peinture
Tu y laisserais ta trace :
Mais c’est ce que tu vois.

- Haïku 21
Musculature circulaire
Des serpents du jardin
Qu’agite ainsi le vent.

- Haïku 20
Véhicules sans apparence
Mais pas sans silence.
Tu attendais dans le noir.

- Haïku 19
Cuisine des coulures si anciennes
Que tu reconnais les tiennes :
Imagine-moi en père des filles.

- Haïku 18
Jeu de vitre et d’oiseaux.
Les cages sont dehors.
On n’habite plus ici.

- Haïku 17
Suivre l’inconnu des rues.
« Tu reconnaîtras la porte, »
M’avais-tu prévenu.

- Haïku 16
L’enfance soudain de retour
A l’approche d’un vieillard
Qui ressemble à ce que tu as été.

- Haïku 15
Mouches des interstices.
Sans cette ombre qui vous sépare
Tu jouerais à l’attraper.

- Haïku 14
De loin on eût dit une femme.
De près c’était encore une femme.
Je ne la vois plus mais elle est.

- Haïku 13
Assises fleuries des colonnes.
Leurs habitants tournent le dos
A nos promenades circulaires.

- Haïku 12
Qui veut écrire n’écrit pas.
Qui écrit passe le temps.
Qui n’y pense pas vit.

- Haïku 11
Lente brise des patios.
Le jet d’eau s’est tu.
Je suis seul avec toi.

- Haïku 10
Deux langues au lieu d’une :
La tienne qui se tait
Et la mienne qui sait.

- Haïku 9
Qui imite qui ce soir ?
Qui cherchera l’ivresse ?
Qui ne sera pas lui-même ?

- Haïku 8
Entre l’humidité des draps
Et le blanc du plafond,
Ta mort de porte close.

- Haïku 7
Signes d’un voyage passé.
Ni mers ni villes ni champs
Posés sur l’horizon, toi.

- Haïku 6
Encore la pluie ce matin.
Scintillements de la nuit.
Carapaces immobiles.

- Haïku 5
Tiges sans têtes.
Le ciseau d’un enfant
M’inspirait sa mort.

- Haïku 4
Sur la feuille un insecte nu.
Moi dans ma carapace
De rêve et de possible.

- Haïku 3
La pluie de chaque côté
De la fenêtre ouverte
Dans la maison sans toit.

- Haïku 2
Passer sans rien demander
Aux passants des vitrines.
Qui me fuyait ?

- Haïku 1
Écran près de la fenêtre.
Plus loin l’armoire
Et la chambre dans le miroir.
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2004/2019 Revue d'art et de littérature, musique

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